10 ans

Il y a 10 ans, j’écrivais la dernière note de ce blog. Il fut, avant d’être un site de réal, celui d’une « association-collectif« , 4-16 Prod.

Je ne vais pas dire que le temps est passé vite, ce n’est pas le cas, il s’est passé 1000 choses depuis cette époque. Mais le temps a passé néanmoins. Comme toujours il a défait les liens les mieux établis, les plus solides.

Pascal et moi-même ne réalisons plus ensemble depuis plus de 8 ans, le chant du cygne de notre duo de réalisateurs fut une série de films publicitaires pour une marque de biscuits. Des films d’ailleurs pas très réussis ni intéressants. Cela a mis fin à une période assez bénie pour notre duo dans le petit monde de la publicité. Beaucoup de films, pas mal d’argent et un dernier high point pour le duo Sid & Lacombe.

Avant cela nous avions été de jeunes apprentis réalisateurs avides de percer et de réaliser notre premier film. Sur le site 4 Saisons Productions, puis 4-16 Prod, nous montrions nos créations, avec souvent pas mal d’orgueil et (trop) d’assurance. Nous avons monté les marches assez rapidement avec des projets et des courts métrages qui, s’ils étaient très imparfaits, respiraient l’énergie et l’envie.

Tournage de El Derechazo en 2004 à Almeria

Cette énergie nous a amenés jusqu’au long métrage – Derrière les Murs (2011) – qui marqua, dans un sens, la fin d’une période et un coup d’arrêt presque définitif à notre carrière commune sans que nous nous en soyons rendu compte alors. Jusqu’à cet instant, tout ce que nous nous avions entrepris nous avait réussi. Mais un premier film raté, d’autant plus quand il ne marche pas, est un échec qui se surmonte rarement. Nous avancions, sûrs de nous et de notre force, mais nous étions trop jeunes pas assez mûrs ni terminés. Nous ne savions pas ce que nous voulions raconter, nous voulions faire avant de penser à pourquoi nous voulions le faire. Cet échec, je l’ai abordé sur ce blog, de manière assez lucide il y a des années. Il n’y a pas grand chose de plus à ajouter.

Après ce long intermède publicitaire puis l’échec d’un dernier projet de long métrage en 2017, alors qu’il allait rentrer en prépa, Pascal et moi sommes partis chacun de notre côté, sans vraiment acter pour de vrai cette séparation pourtant factuelle. Nous avions été un binôme uni dans les meilleurs et les pires moments, mais nous avions probablement l’impression que, seuls, nous aurions fait autrement et peut-être mieux. Nous avons pourtant fait beaucoup en restant soudés et en nous entourant d’une bande de passionnés qui croyait tous à un destin commun – Henri Debeurme, Richard Riffaud, et tous les autres. Pour l’essentiel, je les ai perdus de vue, et certains sont partis pour de bon – je pense à toi Enrico Horn, qui nous a tendu la main alors que nous tournions notre court métrage d’étudiant. Sans eux, je sais que je n’aurais jamais pu exercer ce métier comme je le fais encore aujourd’hui.

10 ans.

Que s’est il passé pendant cette période ? Trois saisons d’une série télé qui s’est achevée en 2021 de mon côté, puis presque 4 années de développement pour essayer d’écrire le projet d’après. Ce projet qui doit se tourner dans quelques mois, de nouveau une (mini-)série, et dont j’ai trop peur de parler pour ne pas me porter malheur mais qui est la concrétisation de tous ces espoirs du passé. Une série d’auteur(s), comme l’a été Missions, cette série OCS que j’ai co-écrite et réalisée et qui m’a permis de rebondir après l’échec de mes projets avec Pascal. Missions, ce cadeau, cette renaissance, c’est Henri Debeurme, un de ces fameux associés du groupe 4-16 Prod qui me l’a offert alors qu’il était devenu un producteur talentueux et reconnu.

10 ans donc que je paye l’hébergement de ce site devenu inutile et redondant, cette vitrine vers un duo de réalisateurs qui n’existe plus, vers un obscur collectif depuis longtemps disparu dans les brumes du temps. Qu’en reste-t-il ? Quelques articles de blog, un site palimpseste, créé sur les ruines disparues de 5 ou 6 itérations du site 4-16 Prod, et un forum, actif de 2002 à 2011 et encore accessible en lecture seule, qui documente nos espoirs, nos rêves, nos lubies, notre complicité et aussi – beaucoup – notre bêtise et nos illusions. Un petit musée de notre jeunesse, de nos rêves de jeunes adultes encore immatures qui s’imaginaient (trop) talentueux.

Pourtant, je me rends compte de sa valeur. Ces lignes oubliées, dans un coin d’internet que plus personne ne visite, sont les derniers vestiges de notre jeunesse, les messages du forum y sont figés, comme un instantané à la fois précieux et futile de nos vies d’alors. Je voudrais répondre aux posts d’il y a 25 ans, nous avertir des vents contraires qui s’annoncent, des espoirs déraisonnables, et des mauvais choix. A défaut de pouvoir le faire, je conserverai ces mots comme un journal ouvert sur le passé.

Dans 10 ans, j’aurais 56 ans et probablement l’essentiel de ma carrière derrière moi – je ne suis pas Ridley Scott. Il ne me reste qu’à faire en sorte que ces 10 années qui viennent comptent, d’une manière ou d’une autre, pour ne plus avoir de regrets ; pour ne pas avoir envie de m’écrire à nouveau pour me dire ce que j’aurais dû faire alors. Et en nous souhaitant, à chacun des membres de 4-16 Prod, ce collectif oublié du début des années 2000, que le temps nous rassemble, après nous avoir séparés.

Pascal et moi sur le tournage de Derrière les Murs en 2010

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1 an

Oui, un an depuis la dernière mise à jour du site. Bravo me dit-on.

La chaleur d’une nuit estivale, l’ennui provoqué par un film médiocre, l’envie profonde de partager quelques nouvelles après une période de silence interminable, tout cela m’a amené à écrire quelques mots ici même.

Faisons bref, 2015 ne sera pas l’année du retour au long métrage pour le duo Sid&Lacombe. Honte, horreur, outrage. Nos différents projets sont encore en (ré)écriture. Les choses sont un peu floues, le marché est dur, les films ne doivent pas coûter cher, et donner beaucoup à l’image. En attendant que les choses se débloquent – nous avons bon espoir que 2016 soit plus propice à nos projets – Pascal s’est lancé dans la production et de mon côté je crée une série pour OCS. De quoi s’occuper.

Et pour mieux se retrouver dans la bonne humeur, rien ne vaut quelques pubs ! 2014 fut une année pleine de ce côté là pour le plus grand duo de réalisateurs de France (je ne parle pas de Nakache et Toledano…). 2015 n’est pas en reste.

Après une publicité pour une marque de pâte à pizza au mois d’avril, nous avons enchaîné sur une publicité pour un antivirus… Japonais ! Tourné à Saint Denis avec force japonais dans la place, une expérience hors du temps et génial.

Enfin en ce mois de juillet, nous partons au Portugal pour tourner un film Liebig pour la France. Un film sympathique et original qui sera tourné en scope histoire de faire du cinéma (au moins au niveau du format).

Voilà. Il se fait tard, je reviendrai poster les vidéos de nos exploits publicitaires histoire de faire vivre ce blog scandaleusement oublié. A vite.

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2014, sous le signe de la publicité

Quelques mois après les dernières nouvelles données ici même, il est temps de faire le point sur le début d’année du duo Sid & Lacombe. Comme je le laissais entendre dans la dernière news, 2014 est une année charnière, nous espérons tourner notre prochain long métrage l’année prochaine après plus de deux ans d’écriture sur un projet qui nous tient vraiment à cœur.

Du coup, nous avions commencé l’année avec de la publicité, le mois d’août pointant son nez, il est temps de dire qu’Intermarché en Afrique du Sud n’était qu’un début. Nous avons retourné deux séries de films pour Intermarché depuis ainsi qu’un film Buitoni et un autre Cœur de Lion. Une première moitié d’année fort chargée donc et le mois de septembre s’annonce sous les même auspices.

Que dire sur ces différents films sinon qu’ils ont été de belles expériences, synonymes de voyages dans des contrées européennes plus ou moins méconnues telles que la Roumanie, la Slovénie ou encore la Grèce. De beaux voyages, de bons films, des clients contents. Que demandez de plus. Les voir ? Oui c’est possible en effet…

Voici une petite sélection, en vous rappelant que notre mirifique chaîne Youtube est plus ou moins à jour de nos derniers exploits.

A très vite

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Intermarché : la vidéo

Vous étiez des millions à l’attendre. La voici enfin, la vidéo de nos exploits sud africains. Ne vous fiez pas aux 30 premières secondes qui pourraient laisser augurer que nous sommes partis à 15000km de la France pour tourner en studio. Rassurez vous, ce n’est pas le cas. Profitez bien de ces quelques images sympathiques. En attendant nous partons mardi prochain pour la Slovénie pour tourner deux nouveaux épisodes de cette saga Intermarché.

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2014, dernières nouvelles

Alors que l’année a débuté depuis plus d’un mois, et qu’il est désormais trop tard pour les voeux, je me permets tout de même de vous souhaiter une année 2014 que j’imagine extraordinaire. De notre côté la fin de l’année 2013 a coïncidé avec notre retour dans le monde de la publicité dans notre belle contrée. Oui, finis les virées dans des contrées exotiques et sexys, nous voilà de retour dans notre pays, bitch !

En septembre 2013 nous avons donc pondu une petite opération web pour la marque Dolce Gusto, le tout produit par feu Sequencis – la société de production interne à Publicis et qui porte désormais le nom de Prodigious. Au programme, des petites pastilles un peu crétinos-débiles autour d’une machine à café qui (évidemment) déchire sa race. Au casting on retrouve entre autres un certain Kemar que nous avions déjà dirigés dans Zlatan. Je vous laisse le soin d’apprécier notre extraordinaire maîtrise de la comédie et de l’espace.

http://www.youtube.com/watch?v=sbIC3b98Sp8

Evidemment, ces retrouvailles tant attendues avec la France, le relatif succès de cette opération web, notre professionnalisme proverbial, tout a concouru à ce que nous accédions à de plus hautes responsabilités publicitaires en quelques mois.

Peu après cette opération, nous avons rejoint l’écurie de la société de production Grizzly. En ce début d’année 2014 nous avons réalisé pour eux notre première publicité télé pour notre pays de naissance – comme quoi il n’est jamais trop tard – en réalisant une série de films  pour Intermarché, toujours pour l’agence Publicis Conseil avec qui nous avions tourné Dolce Gusto. Au programme un tournage en Afrique du Sud, au Cap.

Oui, je sais, c’est dur.

Résumons : Des conditions idéales, un tournage avec un chef opérateur qui nous faisait rêver depuis nos débuts, Michel Abramowicz, des paysages de rêve, et une équipe créative hors pair. Probablement notre meilleur tournage publicitaire. L’extase.

Il serait évidemment cruel de vous montrer des photos de ce séjour, aussi, j’ai décidé de le faire en toute arrogance.

Out of Africa, en vrai.

Out of Africa, en vrai.

Une grue idiotement grande pour un film... lessive.

Une grue idiotement grande pour un film… lessive.

Vous pourrez bientôt admirer ces films dans les prochains jours, ils sont prévus pour une diffusion télé à partir du 17 février. Nous nous ferons évidemment un plaisir de les diffuser ici même.

En attendant les autres aventures publicitaires qui semblent s’annoncer pour cette année charnière pour nous, je vous dis à bientôt.

 

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2013

Scandale, honte, insulte, infamie, ces mots résonnent avec fracas. Oui, il n’y a pas eu de mise à jour depuis une année entière et même plus. Alors oui, j’imagine que les hordes de visiteurs de cette page ont du avoir du mal à taper sur leur touche f5 pendant une année entière mais comprenez nous ! C’est que nous n’avons pas chômé, entre un scénario de long métrage écrit de main de maître (enfin on l’espère, financement en cours), un court métrage comique vus par des centaines de milliers d’internaute (Zlatan, tout un poême), et un passage en Afrique du Nord pour de la publicité (alimentaire dans le sens le plus noble), sans négliger une nouvelle série de films publicitaires Dolce Gusto qui seront tournés la semaine prochaine, l’année 2013 a été plutôt positive pour notre duo de réalisateurs jusqu’à présent.

D’ailleurs puisqu’on parle de ce court métrage, je vous invite à le découvrir si ce n’est pas déjà fait.

Tout ça pour vous dire, que non, nous n’avons pas disparu, que non, Facebook n’est pas la seule et unique façon de suivre notre actualité (d’ailleurs Facebook je n’y suis même plus, j’ai réintégré le 20ème siècle depuis janvier), et que oui, on le promet, on essaiera d’être plus disert sur ces pages même si on est super occupé tout ça.

En attendant bon visionnage.

 

 

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Notre dernière pub en ligne

Fin avril- début mai, nous sommes allés, Sid et moi même, faire un petit tour en Ukraine pour y réaliser un petit spot publicitaire pour une bière locale. Nous y avons retrouvé Jérôme Robert, chef opérateur émérite dont la réputation n’est plus à faire dans le milieu publicitaire (et aussi dans le cinéma d’ailleurs…).

Le script était était assez dense, il s’agissait de compresser en 45 secondes un petit thriller archéologique, en gros une espèce de bande annonce. Au programme un peu d’action, un musée, un archéologue. Et des références qui font  plaisir comme le Da Vinci Code ou Benjamin Gates – je vous rassure, les deux films cités ne font pas partie de mes films favoris hein – sans un budget de blockbuster bien évidemment, mais de quoi travailler sans trop de soucis.

Bref, sans prépa à peine, nous voilà qui débarquons en pays étranger pour travailler avec les gens de Lime Lite Studios. Malgré une préparation raccourcie, nous avons pu faire notre travail dans des conditions tout à fait convenables. Bref une expérience sympa, et rafraîchissante.

Allez, la vidéo :

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Le développement

Je vous le disais la dernière fois, nous avons eu la chance de signer un nouveau long métrage avec des producteurs qui montent – et qui croient en nous – je veux bien sur parler de 24 25 films. Je me permets d’ailleurs de glisser quelques mots sur leur premier film en tant que producteur délégué, « La Clinique de l’Amour » d’Artus de Penguern dont on avait déjà parlé et que nous avons pu voir en AVP il y a quelques semaines. Bilan, un film surprenant, décalé, et furieusement drôle qui fera parler de lui lors de sa sortie en salle en Juin. Voilà, c’était ma minute corporate mais sincère.

Pour en revenir au titre de cet article, après la signature de notre contrat, nous voilà désormais dans cette mystérieuse période qu’on appelle couramment le « Développement ».

Là ou beaucoup imaginent l’écriture comme un sacerdoce solitaire où le(s) scénaristes part(ent) dans un chalet des Alpes isolé pour accoucher d’un chef d’oeuvre, il y a surtout beaucoup de collaboration et d’échanges – parfois interminables et/ou animés – avec les producteurs ou les chargés de développement.

Le développement et les discussions avec les interlocuteurs c’est souvent la foire à la brocante, on trouve un peu de tout, et pas que du beau. Hier c’était notre première véritable séance d’écriture intensive avec Matthias Weber et Thibault Gast, nos producteurs émérites. Courageux – ou inconscients – ils assurent par eux même le développement des scénarios qu’ils produisent.

Au programme, repenser la structure du scénario en fignolant le traitement conséquent que nous avons écrit pour ce projet. Personnages à revoir, structure à affiner, il y’avait des choses à dire, il y en a toujours. Ce fut fait.

Premier bilan ? Que du bon, précision, clarté. Plaisant de parler avec des gens qui savent ce qu’ils veulent et sont en mesure de l’expliquer dans un français correct. Notre petite expérience de l’écriture nous a parfois confrontés à des gens qui n’avaient aucune idée des contingences de l’écriture et de la narration et pour qui le développement était avant tout une question d’instinct et de phrases lapidaires.

Le développement c’est pourtant la couveuse du bon scénario. Qu’on la règle mal et c’est le drame, nous voilà avec scénario bancal. Attention, je ne dis pas que nous allons pondre un chef d’oeuvre intemporel parce que le développement semble parti sur de bonnes bases mais avec des interlocuteurs aussi bien orientés, ce serait dommage de se planter. Je n’y pense pas une seule seconde.

En attendant, au boulot.

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Les nouvelles

Et oui. Plusieurs mois ont passé depuis le bilan – pas très joyeux et encore sous le coup de la déception – du mois d’août dernier. Nous avons mis à profit cette période de silence prolongée pour nous activer. Et c’est avec de bonnes nouvelles que nous revenons désormais.

Première chose la sortie du DVD de Derrière les Murs semble plutôt bien se dérouler, des commandes importantes en vue de noël et un nouveau pressage pour pouvoir y répondre. Un bémol, le Bluray, pour des raisons obscures, ne sortira toutefois que le 17 janvier.

Du côté de notre carrière, nous venons de signer un nouveau film avec 24-25 Films, la société de Thibault Gast et Mathias Weber qui vient de produire le deuxième film d’ Artus de Penguern. Un projet moins sombre que Derrière les Murs, un film d’aventure pour enfants dont l’ADN se rapproche beaucoup d’un Goonies pour citer des références. Un joli projet qui nous tient énormément à coeur et qui est désormais signé avec des producteurs ambitieux. Joie.

D’autres projets sont actuellement dans les tuyaux, dont un film que nous sommes en train d’écrire et que nous aimerions produire  (sans le réaliser) en association avec notre associé de toujours Henri Debeurme. Un tournage est même envisageable l’année prochaine, qui sait. D’autres choses encore sont en train de se conclure dans l’ombre sans qu’on puisse encore en parler pour le moment.

En tout cas, une chose est sûre, après une année 2011 parfois frustrante, l’année 2012 s’annonce sous les meilleurs auspices. On vous en reparle très vite

A bientôt.

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DLM : La sortie – Le bilan

Gros silence sur ce blog depuis un petit moment, pas de bon augure pour les lecteurs j’imagine… Il était temps de faire le point. Alors oui, le film est sorti. Et il n’a pas marché.

Tout avait plutôt bien commencé, d’abord une jolie campagne d’affichage dans Paris, drôle de joie de voir son nom partout dans le métro et sur les grands boulevards de Paris, quelque chose du quart d’heure de gloire, en gardant quand même en tête à quel point cette courte période a d’éphémère. Dans le même temps Laetitia Casta faisait la tournée des – bons – plateaux télé avec en point d’orgue un passage au journal de 20h de TF1 le dimanche 3 juillet, soit 3 jours avant la sortie effective. Et là, Bim ! Claire Chazal qui cite nos noms. Ladite Claire Chazal qui officie sur l’antenne de TF1 depuis mes 12 ans quoi… Les parents qui m’appellent fiers de leur fiston, les connaissances qui vous « textotent » et, forcément, monte cette sensation vague qui vous dit que C’est arrivé.

Le lundi et le mardi les deux avant première se passent dans une très sympathique ambiance, l’accueil semble bon. Le mardi c’est le climax avec 500 personnes qui se pressent dans la grande salle du ciné cité les halles. Bref tout s’annonçait bien.

Mais non.

Le lundi midi avait une vraie douche froide. 110 salles. Mouais ? Flatteur pourrait on se dire, mais en fait non. Avec seulement 5 salles Paris, et pour l’essentiel des salles hors circuit (pas d’UGC ciné cité, 1 salle MK2 à Gambetta en demi programmation…) et un circuit de salles province qui n’annonçait rien de très bon, le match était déjà joué pour les experts ès distribution. Bref, le mardi soir, alors que le film n’était même pas sorti et que l’avant première commençait, c’était la soupe à la grimace chez tout le monde, « Le film est mort » entends-je même. Ah bon ? Mais déjà les spectateurs sortent de la salle et viennent nous congratuler. Il faut sourire, pour la forme.

Alors on peut disserter à l’infini sur les raisons d’un insuccès, choix de la date, force du distributeur, le non des exploitants, le thème et la qualité du film ? Peu importe à vrai dire, sans doute un peu de tout à la fois, mais le résultat est là : dans ces conditions il aurait été déjà extraordinaire de faire 70 000 entrées. Nous en ferons probablement 3 fois moins, les chiffres n’étant pas définitivement arrêtés.

Forcément pour un réalisateur, c’est un peu difficile à avaler. On se compare aux « autres ». On peste. Allons bon ! On veut présenter son petit dernier à la famille et celle ci ne vient pas ! Angoisse. Questionnement. Où s’est on trompé ? Le petit est si moche que ça ?

La vérité est plus simple, le cinéma est un pari, et on ne gagne pas à tous les coups. Point barre. De bons films ne marchent pas, de mauvais cartonnent. Je ne sais pas si notre film est bon ou mauvais, seule la postérité le dira. Après des centaines de visionnages, il devient difficile d’être objectif. On est forcément conscient de certaines faiblesses, mais quel film n’en a pas ? Combien de chef d’oeuvre pour combien de films « pas mal » ? Notre film n’est certainement pas un chef d’oeuvre. Mais nous en sommes fiers. Parce qu’il a de la gueule, parce que c’est le notre et pas celui du voisin. A quoi bon se torturer après tout.

Il n’a pas marché ? Et alors ?

Alors la meilleure chose à faire maintenant c’est de passer à la suite, de bâtir sur cet acquis formidable qu’est un premier long métrage. Nous avons beaucoup appris de cette expérience longue et passionnante. Mais maintenant il ne sert plus à rien de s’attarder sur le passé.

Et l’avenir c’est beaucoup de projets.

Forcément.

C’est ce pas après tout LA phrase du cinéaste : « Je suis sur pleins de trucs », le tout étant bien évidemment d’aller au bout de l’un de ces innombrables projets. Dans les starting blocks, il y’a de tout et nous verrons bien ce qu’il en ressortira. Evidemment nous vous tiendrons informés de cet avenir encore un peu incertain. En attendant, le film sort le 15 Novembre en Bluray 3D et en DVD. Si le coeur vous en dit…

A propos, Derrière les Murs est sorti en Russie fin juillet. Affiche un peu retouchée pour l’ancrer dans l’horreur, mais bande annonce identique. Résultats des courses : plus de 100 000 entrées, 900 000 $ de recettes. Autant qu’un Largo Winch qui a couté 10 fois plus que notre film. Ah.

Bon et bien il ne nous reste plus qu’à faire une carrière à la Patricia Kaas… Et réviser notre alphabet cyrillique. Avec un peu de persévérance on dînera à la table de Poutine dans 2-3 ans.

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